À LA PLUME ET AU PIANO
Espace culturel Saint-Gilles presents

À LA PLUME ET AU PIANO

March 12th 2022
8:00 pm – 10:00 pm / Doors: 7:30 pm

562 route des Outaouais, Brownsburg-Chatham, QC, Canada
For more information about this event, please contact Espace culturel Saint-Gilles at info@espaceculturelsaintgilles.com.

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À l’automne 1853, Brahms, 20 ans, se présente chez les Schumann qui lui manifestent spontanément une vive affection.  Robert Schumann réservera des paroles dithyrambiques pour ce jeune homme qui selon lui déjà incarne « … sous une forme idéale la suprême expression de son époque »1.  Entre ces deux hommes, l’admiration réciproque sera pétulante. Toutefois, en février 1854, Schumann, déjà en proie à des crises d’hallucinations acoustiques récurrentes, commet une tentative de suicide. À sa demande, il sera interné  là même où il mourra en juillet 1856.Le 11 juin 1854, Clara, donne naissance à leur huitième enfant dont Brahms sera le parrain. Dès lors, aux dires mêmes de Clara s’adressant à ses enfants, Brahms « … vint en ami fidèle partager mon malheur, il fortifia mon cœur qui se déchirait, il éleva mon esprit, rasséréna mon âme comme il put, bref, il fut un ami dans le sens le plus complet du mot et lui seul me soutint.  Ne l’oubliez jamais.»2

Cette profonde amitié nous est révélée à travers les 124 lettres – échelonnées sur 42 années ­-  qui constituent le livre Une amitié passionnée, de Marguerite et Jean Alley.  Ces précieux documents reflètent l’évolution de cette relation passionnée comme la qualifient si justement ces auteurs. Mais des pièces maîtresses sont absentes. La discrétion de ces deux épistoliers sans prétention était partagée et sans doute justifiée. À ce propos, dès le 24 mai 1856, Brahms écrit : « Clara Chérie (…) Je voudrais que vous mettiez une étiquette sur mes lettres qui ne doivent appartenir qu’à vous ou qu’à moi. Ce que je fais et ferai toujours avec les vôtres. (…) Mille tendresses, chère Clara, aime-moi autant que je t’aime »3. Trente ans plus tard, soit le 23 juillet 1887, Clara écrit à Brahms: « (…) tu peux détruire les lettres car ce qu’il y a eu de bon entre nous et aussi de triste n’appartient qu’à nous seuls. Aucun autre n’a besoin de le savoir.  Ta fidèle Clara.»4 D’une lettre à l’autre, chacun fait référence à une lettre reçue la veille ou depuis peu, mais dont nous ignorons la trace. Lettres perdues?  Détruites ? Et enfin, deux mois après la mort de « ma bien-aimée, ou mon amie bien-aimée»5, Brahms écrit à Marie, fille aînée de Clara : « J’ai pensé à ce qui pouvait vous embarrasser, comme par exemple, des lettres, journal intime et autres choses du même genre. En ce qui concerne tout cela, je dirai un mot seulement : Prenez garde. Prudence!»6

De ce corpus de lettres disponibles j’en ai extrait 22 que j’ai jugées les plus significatives compte tenu du contexte de lecture retenu. L’extrême brièveté de la dernière lettre à peine lisible rédigée par Clara, deux semaines avant sa mort survenue le 20 mai 1896, témoigne de son état physique pitoyable. Brahms, de 14 ans son cadet, ne lui survivra pas plus de 11 mois.

Comme une longue sonate qui compterait neuf mouvements, ces lettres témoignent d’autant d’étapes de la vie de ces êtres d’exception : La rencontre, La passion, L’absence, Le différend, La vie, La complicité, L’amitié, La nostalgie, Les adieux. 

Ces  mêmes lettres regorgent de références musicales : pièces en chantier ou pièces au programme d’un concert à donner ou entendu. Trois d’entre ces lettres nous dictaient les œuvres pianistiques à retenir. Les treize autres pièces pour piano retenues ont été suggérées par Jean-Pascal Hamelin et nous les avons choisies en raison de l’émotion qu’elles suggèrent. En cela, elles viennent appuyer le ton de chacune des lettres. Ainsi, nous avons opté en faveur d’un climat, de préférence à une succession d’œuvres justifiée uniquement en raison des allusions qu’en font les musiciens épistoliers.

Puisse le choix des 16 pièces pour piano ainsi retenues vous permettre de partager la sensibilité qui unissait ces deux grands musiciens parmi les plus remarquables de leur époque.

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À l’automne 1853, Brahms, 20 ans, se présente chez les Schumann qui lui manifestent spontanément une vive affection.  Robert Schumann réservera des paroles dithyrambiques pour ce jeune homme qui selon lui déjà incarne « … sous une forme idéale la suprême expression de son époque »1.  Entre ces deux hommes, l’admiration réciproque sera pétulante. Toutefois, en février 1854, Schumann, déjà en proie à des crises d’hallucinations acoustiques récurrentes, commet une tentative de suicide. À sa demande, il sera interné  là même où il mourra en juillet 1856.Le 11 juin 1854, Clara, donne naissance à leur huitième enfant dont Brahms sera le parrain. Dès lors, aux dires mêmes de Clara s’adressant à ses enfants, Brahms « … vint en ami fidèle partager mon malheur, il fortifia mon cœur qui se déchirait, il éleva mon esprit, rasséréna mon âme comme il put, bref, il fut un ami dans le sens le plus complet du mot et lui seul me soutint.  Ne l’oubliez jamais.»2

Cette profonde amitié nous est révélée à travers les 124 lettres – échelonnées sur 42 années ­-  qui constituent le livre Une amitié passionnée, de Marguerite et Jean Alley.  Ces précieux documents reflètent l’évolution de cette relation passionnée comme la qualifient si justement ces auteurs. Mais des pièces maîtresses sont absentes. La discrétion de ces deux épistoliers sans prétention était partagée et sans doute justifiée. À ce propos, dès le 24 mai 1856, Brahms écrit : « Clara Chérie (…) Je voudrais que vous mettiez une étiquette sur mes lettres qui ne doivent appartenir qu’à vous ou qu’à moi. Ce que je fais et ferai toujours avec les vôtres. (…) Mille tendresses, chère Clara, aime-moi autant que je t’aime »3. Trente ans plus tard, soit le 23 juillet 1887, Clara écrit à Brahms: « (…) tu peux détruire les lettres car ce qu’il y a eu de bon entre nous et aussi de triste n’appartient qu’à nous seuls. Aucun autre n’a besoin de le savoir.  Ta fidèle Clara.»4 D’une lettre à l’autre, chacun fait référence à une lettre reçue la veille ou depuis peu, mais dont nous ignorons la trace. Lettres perdues?  Détruites ? Et enfin, deux mois après la mort de « ma bien-aimée, ou mon amie bien-aimée»5, Brahms écrit à Marie, fille aînée de Clara : « J’ai pensé à ce qui pouvait vous embarrasser, comme par exemple, des lettres, journal intime et autres choses du même genre. En ce qui concerne tout cela, je dirai un mot seulement : Prenez garde. Prudence!»6

De ce corpus de lettres disponibles j’en ai extrait 22 que j’ai jugées les plus significatives compte tenu du contexte de lecture retenu. L’extrême brièveté de la dernière lettre à peine lisible rédigée par Clara, deux semaines avant sa mort survenue le 20 mai 1896, témoigne de son état physique pitoyable. Brahms, de 14 ans son cadet, ne lui survivra pas plus de 11 mois.

Comme une longue sonate qui compterait neuf mouvements, ces lettres témoignent d’autant d’étapes de la vie de ces êtres d’exception : La rencontre, La passion, L’absence, Le différend, La vie, La complicité, L’amitié, La nostalgie, Les adieux. 

Ces  mêmes lettres regorgent de références musicales : pièces en chantier ou pièces au programme d’un concert à donner ou entendu. Trois d’entre ces lettres nous dictaient les œuvres pianistiques à retenir. Les treize autres pièces pour piano retenues ont été suggérées par Jean-Pascal Hamelin et nous les avons choisies en raison de l’émotion qu’elles suggèrent. En cela, elles viennent appuyer le ton de chacune des lettres. Ainsi, nous avons opté en faveur d’un climat, de préférence à une succession d’œuvres justifiée uniquement en raison des allusions qu’en font les musiciens épistoliers.

Puisse le choix des 16 pièces pour piano ainsi retenues vous permettre de partager la sensibilité qui unissait ces deux grands musiciens parmi les plus remarquables de leur époque.

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