SUUNS
La Taverne présente

SUUNS

9 février 2018
21h30 / Entrée: 20h00

365 Tessier Est, Saint-Casimir, QC, Canada
Pour plus d'information à propos de cet événement, veuillez contacter La Taverne à lulu625@hotmail.com.

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SUUNS

Hold/Still

, troisième album studio de Suuns, est un objet énigmatique, une suite

musicale

à la beauté étrange et à l’interprétation méticuleuse qui

englobe

les

contraires et

fait de

la

distorsion

cognitive

une

vertu.

Une oeuvre

qui ne

cède

pas facilement ses secrets

. Les onze chansons qui

y

figurent sont à la fois

psychédéliques

et austères, sensuelles

et

froid

es, organiques et électroniques;

elles

contiennent

une tension frisant la folie tout en conservant un

calme et un

contrôle irréprochables. «

Une partie de cet album résiste à celui qui l’écoute, et

je crois que c’est le fait de ces forces qui s’opposent constamment, explique le

batteur Liam O’

Neil

l

. Prenez

Brainwash

par exemple. La mélodie

à la

guitare,

très douce et lyrique, côtoie des textures percussives extrêmement agressives

et éparses.

»

Dès le départ, Suuns (

qu’on prononce «

sounz

»

et

qui signifie «

zéro

» en thaï)

cherchait à faire les choses autrement. Le groupe est né à Montréal en 2007,

lorsq

ue le chanteur et guitariste Ben Shemie et le guitariste Joe Yarmush se

sont rassemblés pour créer des démos, bientôt rejoints

à la batterie

par Liam,

l’an

cien camarade de classe de Ben,

et

par Max Henry au synthétise

ur. Tous

deux parus chez

Secret

ly

Canad

ian, l

es premiers albums de la formation,

Zeroes

QC

(2010) et

Images Du Futur

(2012), finaliste au prix Polaris

,

ont connu un

succès critique immédiat. Rapidement, Suuns s’est inscrit dans la renaissance

musicale montréalaise

de la fin des années

2000

aux côtés de

The

Besnard

Lakes, Islands et Land of Talk. Pourtant, Suuns semble loin des grands

ensembles baroques et orchestres apocalyptiques qui caractérisent la scène

de

Montréal

. «

Nous faisons de la musique plut

ôt minimaliste

, soutient Ben. La

forme

de nos ch

ansons n’est pas traditionnelle

et parfois, ça ne va nulle part,

mais les pièces possèdent leur propre logique.

» Autrement dit par Joe

: «

C’est

de la pop,

mais

placée

dans une sorte d’espace

maléfique

.

»

Après avoir

réalisé

leurs deux premiers

disques avec leur ami Jace Lasek de

The

Besnard Lakes, qui opère le studio montréalais Breakglass, Suuns a décidé que

Hold/Still

exigeait une approche différente. En mai 2015, ils

s

ont donc

partis

pour

Dallas, au Texas, afin d’y travailler avec le product

eur John Congleton,

lauréat d’un prix Grammy (

l’homme derrière

St

Vincent,

The War On Drugs,

Sleater Kinne...

)

.

Pendant trois semaines intenses, les quatre musiciens ont

passé

leurs journées en studio où Congleton

les

a poussé

s

à enregistrer des

prises

live

parfaites

,

ne

requérant

presque aucun

e

retouche additionnelle

. Le

soir,

ils s'en

ret

ournai

ent

dans

la chaleur étouffante de

leur petit appartement.

«

Quand on enregistre à Montréal, l’atmosphère est à la fête, raconte Joe.

-

bas

, on avait

l’impression d’être en mission. On cherchait quelque chose

qui

pourra

it nous sortir de notre élément et

s’infiltrer dans

notre musique.

»

Par

chance

, l’effet a été galvanisant. Sous la

gouverne

de Congleton,

«

Translate

»

et

«

Infinity

»

, des

chansons

que

le

quatuor

retravaillait depuis des années, on

t

soudainement trouvé leur forme.

Le résultat est sans contredit leur album le plus

abouti

à

ce jour

, le son d’un

groupe œuvrant dans un état de synchronisme mental

, façonnant à la guitare

une musique qui semble échapper à une tradition précise, aux carcans des

genres. Du blues électronique hanté de

«

Nobody Can Save Me Now

»

aux sept

minutes lancinantes de

la pièce maîtresse

«

Careful

»

,

Hold/Still

met de l’avant le

travail de Max, un obsédé du synthétiseur qui

conçoit

ses propres

patchs

et

admet

utiliser de l’équipement bancal ou bon marché

,

en plus d’instruments

haut de gamme

,

parce que «

[un appareil de q

ualité] fait tout le travail à v

otre

place, et

ça

n’est pas toujours

amusant

.

» Certes, le groupe est inspiré

tant

par

les textures du groove sombre d’Andy Stott, les arpèges florissants de Ja

mes

Holden et

les productions dentelées de Death Grips

,

que

par tout ce qui touche

de près ou de loin

au rock

. «

T

ant que ça n’a pas été

effleuré

ou baigné dans un

éclairage électronique

, ça ne marche pas

», élabore Liam. «

C’est rare qu’une

batterie, une

basse et une guitare acoustique constituent un produit fini à nos

yeux

. Pour qu’une chanson soit du Suuns, il

faut qu’elle ait été colorée par

l’électro

nique

.

»

Le groupe reste profondément épris de l’esthétique de l’obscurité. La

couverture d

u disque

est une image de l’ex

-

collègue de Ben, Nahka, captée par

la photographe Caroline Désilets au sténopé lors d’une e

xposition de quatre

minutes.

Hold/Still

, c’est le cas de le dire.

Une autre contradiction réside dans la voix de Ben, beaucoup plus articulée et

franche que sur les albums précédents. S’il y a un thème qui unit

Hold/Still

,

c’est selon Ben une exploration

«

du sexe... peut

-

être pas l’acte en lui

-

même,

mais des sujets de nature sexuelle.

I

l y a

par ailleurs

un sous

-

texte spirituel qui

tend vers un autre type de quête.

» La sexualité

s’illustre dans

le romantisme

sombre de

«

Careful

»

, alors que le désir devien

t à la fois sexuel et spirituel dans

les appels inassouvis de

«

Instrument

»

: «

I wanna believe/I wanna receive...

»

La spiritualité prend le dessus dans la dernière partie du disque.

«

Nobody Can

Save Me Now

»

évoque

For You

,

l’incantation fantomatique de

l’artiste Tracey

Emin à la Cathé

drale de Liverpool

: «

I felt you / and I knew that you loved me

»,

tandis que ‘Brainwash’ interroge

: «

Do you see, all seeing? / Do you know, all

knowing?

»

Dans un centre culturel tel que Montréal, les

musiciens

peuvent

parfois

tomber

dans la facilité à force de jouer

pour leurs

pairs. Mais Suuns semble toujours à la

recherche de la frontière la plus proche.

L

e groupe

a

trouvé

ses

premiers

auditoires en France et en Belgique, où

ses membres

ont assumé la

programmation

du

festival Sonic City en 2012,

invitant des formations

très

diverses

telles

que Swans, Tim Hecker et Demdike Stare.

Parallèlement, les

deux dernières années ont été consacrées à des tournées qui les ont entraînés

aussi loin que le Mexique, le Maroc, Beyrouth, Taïwan et Istam

b

ul, parfois en

compagnie de leur ami Radwan Moumneh

,

du projet multim

é

dia Jerusalem In

My Heart, avec qui Suuns a lancé un formidable album collaboratif

il y a un an

,

Suuns And Jerusalem In My

Heart

.

«

On fait beaucoup de tournées ensemble et à ce stade, on a voyag

é un peu

partout dans le monde

, affirme Ben. C’est un effort concerté

de notre part,

chaque fois que

l’occasion se présente

. On

se dit

:

cette fois

-

ci, essayons

d’aller plus loin à

l’est, encore plus au sud

. On se retrouv

e à jouer devant des

gens qui ne voient pas souven

t des groupes sur scène, et ça peut devenir

vraiment intéressant.

»

En d’autres termes

, ceux qui s’aventurent hors de leur

zone de confort sont récompensés

une vér

ité qui s’applique également

à

Hold/Still

,

l’

album qui tire son étrange pouvoir de tensions bouillonnantes et de

juxtapositions bizarres, saisissantes et qui, ce faisant, propulse le rock sur un

sentier nouveau et inexploré.

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