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D’après le roman Folle de Nelly Arcan © Éditions du Seuil, 2004
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ÉQUIPE
Mise en scène, adaptation - Marguerite Friend
Assistance à la mise en scène - Stella Chayer-Demers
Conception sonore, musique originale - Jean-Christophe Yelle
Interprètes - Émilie Camiré-Pecek; Dalia Jaja; Camille Landry
Mentore, 3e oeil - Anne-Marie White
Regard extérieur dramaturgique - Geneviève Martineau-Wabant
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Cette adaptation scénique du roman naît d’abord d’une fascination pour une œuvre qui refuse de nous consoler. Écrit comme une longue adresse à un amant et porté par la certitude d’une mort imminente, la narratrice sait quand et comment elle va mourir et depuis cet endroit, elle peut tout dire.
La mort devient ainsi le point à partir duquel le récit se déploie, mais aussi la question qui le traverse, que reste-t-il lorsque les récits auxquels nous avions confié notre survie, l’amour, la famille, la beauté, le bonheur, Dieu, s’effondrent les uns après les autres?
« Je pleure et c’est encore dans un théâtre que je pleure » (Burqa de chair, p. 51)
Ainsi, Folle devient une sorte de séance de spiritisme. Le théâtre convoque son fantôme, mais cette convocation provoque un paradoxe, faire revivre une œuvre, c’est aussi empêcher celle qui l’a écrite de disparaître complètement.
La dernière phrase du roman, « demain, j’aurai 30 ans », devient alors les mots fondamentaux du spectacle, du chant arcanien. Nelly, dans Folle, n’aurait jamais franchi ce lendemain. Elle demeure éternellement au seuil de ses 30 ans, enfermée dans une temporalité qui recommence.
Le fantôme devient ainsi une métaphore de la condition féminine, être constamment ramenée à une image, à une fonction, à une histoire déjà écrite. C’est ici que l’adaptation rejoint une deuxième question plus politique, qu’est-ce que nous refusons encore de regarder en face concernant la condition féminine, ici et ailleurs, puis qu’est-ce que ça nous coûte collectivement de détourner le regard?
Cette adaptation cherche également à voir où la parole impitoyable d’Arcan percute (encore, si on veut). Qu’est-ce qui, dans son écriture, demeure impossible à regarder? Qu’est-ce qui nous dérange suffisamment pour que nous ayons encore envie de détourner les yeux?
Notre adaptation souhaite utiliser la notion de fin imminente, planifiée, sans chercher à la moraliser ni à la résoudre, mais surtout comme une boussole dramaturgique. Tout le spectacle, ainsi que les attentes du public, sont placés sous le signe de cette fin qui est déjà connue, mais paradoxalement, la mort ne libère personne dans cette adaptation.
Même morte, Nelly parle. Son histoire recommence, à chaque lecture. Les fantômes sont ce qui refuse de disparaître. Folle devient ainsi moins l’histoire d’une femme qui meurt que celle d’une parole qui refuse de mourir. Demain, elle aura trente ans...
*** Traumaverstissements
Je souhaite mentionner quelques traumavertissements puisque la matière aborde des sujets sensibles : mention de suicide, cris, musique très forte et noirceur totale.
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D’après le roman Folle de Nelly Arcan © Éditions du Seuil, 2004
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ÉQUIPE
Mise en scène, adaptation - Marguerite Friend
Assistance à la mise en scène - Stella Chayer-Demers
Conception sonore, musique originale - Jean-Christophe Yelle
Interprètes - Émilie Camiré-Pecek; Dalia Jaja; Camille Landry
Mentore, 3e oeil - Anne-Marie White
Regard extérieur dramaturgique - Geneviève Martineau-Wabant
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Cette adaptation scénique du roman naît d’abord d’une fascination pour une œuvre qui refuse de nous consoler. Écrit comme une longue adresse à un amant et porté par la certitude d’une mort imminente, la narratrice sait quand et comment elle va mourir et depuis cet endroit, elle peut tout dire.
La mort devient ainsi le point à partir duquel le récit se déploie, mais aussi la question qui le traverse, que reste-t-il lorsque les récits auxquels nous avions confié notre survie, l’amour, la famille, la beauté, le bonheur, Dieu, s’effondrent les uns après les autres?
« Je pleure et c’est encore dans un théâtre que je pleure » (Burqa de chair, p. 51)
Ainsi, Folle devient une sorte de séance de spiritisme. Le théâtre convoque son fantôme, mais cette convocation provoque un paradoxe, faire revivre une œuvre, c’est aussi empêcher celle qui l’a écrite de disparaître complètement.
La dernière phrase du roman, « demain, j’aurai 30 ans », devient alors les mots fondamentaux du spectacle, du chant arcanien. Nelly, dans Folle, n’aurait jamais franchi ce lendemain. Elle demeure éternellement au seuil de ses 30 ans, enfermée dans une temporalité qui recommence.
Le fantôme devient ainsi une métaphore de la condition féminine, être constamment ramenée à une image, à une fonction, à une histoire déjà écrite. C’est ici que l’adaptation rejoint une deuxième question plus politique, qu’est-ce que nous refusons encore de regarder en face concernant la condition féminine, ici et ailleurs, puis qu’est-ce que ça nous coûte collectivement de détourner le regard?
Cette adaptation cherche également à voir où la parole impitoyable d’Arcan percute (encore, si on veut). Qu’est-ce qui, dans son écriture, demeure impossible à regarder? Qu’est-ce qui nous dérange suffisamment pour que nous ayons encore envie de détourner les yeux?
Notre adaptation souhaite utiliser la notion de fin imminente, planifiée, sans chercher à la moraliser ni à la résoudre, mais surtout comme une boussole dramaturgique. Tout le spectacle, ainsi que les attentes du public, sont placés sous le signe de cette fin qui est déjà connue, mais paradoxalement, la mort ne libère personne dans cette adaptation.
Même morte, Nelly parle. Son histoire recommence, à chaque lecture. Les fantômes sont ce qui refuse de disparaître. Folle devient ainsi moins l’histoire d’une femme qui meurt que celle d’une parole qui refuse de mourir. Demain, elle aura trente ans...
*** Traumaverstissements
Je souhaite mentionner quelques traumavertissements puisque la matière aborde des sujets sensibles : mention de suicide, cris, musique très forte et noirceur totale.
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9 octobre 2026, 20h00Espace René-Provost – Foyer, Gatineau, QC















